Non cette jeunesse n’est pas violente

Non nous ne sauverons pas le climat, la planète et les petits oiseaux en mangeant bio, en travaillant dans l’économie sociale, solidaire ou circulaire, ou bien en achetant des voitures électriques. Non ce n’est pas en produisant de la bière locale ni des légumes bio-dynamiques que nous résoudrons le problème.

Non que toutes ces initiatives soient en elles-même néfastes. C’est juste qu’elles ne suffiront pas. Elles permettent peut-être à certain-es de se donner bonne conscience : on peut penser faire partie de l’avant-garde éveillée parce que l’on choisit un de ces segments, une de ces niches économiques pour continuer à vivre comme si de rien n’était, mais cela ne suffira pas. Pire : c’est hypocrite. Car c’est faire perdurer l’illusion que la société change sans que rien ne change. Ou bien c’est repousser au loin : pour d’autres dans l’espace (ailleurs sur la planète) ou dans le temps (les générations suivantes) des décisions qui doivent être prises là, ici et maintenant. Opter pour l’une de ces activités alternatives c’est juste espérer se placer ’au dessus’ de la mêlée des idiots, juste se faire une place au soleil en bon-ne capitaliste, dominant-e.
Une élite nouvelle émerge de ce soit disant ’changement de paradigme’ : élite altermondialiste, élite anthroposophique, élite de gôche qui croit détenir la clef d’un futur durable et bienveillant. Elite cultivée et intelligente qui colle du ’collectif’ partout sans voir qu’il n’y a là que de l’entre-soi.

Pourtant, et l’idée n’est pas nouvelle, pour réduire de façon significative notre impact néfaste sur la planète, pour ralentir de manière efficace l’effondrement visible du vivant il n’y a pas beaucoup de choix : nous devons arrêter – cesser. D’extraire, de produire, de consommer …

C’est peut-être cette évidence qu’une partie de la jeunesse comprend et fait vivre du côté est de feu la zad par exemple, c’est peut-être pour cela que ce sont les symboles capitalistes qui sont détruits sur le parcours des manifs, …
Peut-être que contrairement à ce qui s’est passé en 68 la jeunesse est moins encline aujourd’hui à accepter le réformisme mou et hypocrite de celles et ceux qui voudraient encadrer leur révolte pour conduire le troupeau vers des prés plus verts et sans glyphosate. Bien sûr que c’est chouette un pré fleurit, sans trace de chimie mortifère. Mais c’est encore mieux sans berger, ni bergère ni leurs chiens.

De la même manière, les syndicats de salarié-es peuvent bloquer, et puis lutter avec rage et détermination … et puis rentrent dans le rang dés qu’il est question de revaloriser le pouvoir d’achat. Alors d’accord : demander plus de partage des richesses puisque plus de richesses sont produites : soit. Mais plus de revenus pour dépenser plus … dans quoi au juste ? Dans plus d’ikéa ? Dans plus de voitures ? Dans plus de tablettes et de prothèses ? Dans toujours plus d’asservissement et de crétinisation ? Peut-être qu’une partie de la jeunesse comprend qu’il y a quelque chose d’absurde à vouloir encore plus alors que déjà la planète en pète.
Et même si c’est réclamer plus de pouvoir d’achat pour dépenser dans plus de bio, plus de yoga-quantique, plus de maison en bois … cela reste tout aussi absurde.
Au passage, je me permettrais de souffler aux travailleurs et travailleuses qu’illes ont un moyen bien plus efficace pour appuyer leurs revendications : ne plus payer les crédits aux banques ni les factures aux multinationales pour briser ces chaines invisibles qui les font esclaves.

Seule la rupture est à consommer.

Donc non cher syndicaliste, non cher bien pensants de gôche : cette jeunesse n’est pas violente. Elle est consciente.

En cette période pré-fasciste où le capitalisme s’appuie sur l’extrême droite pour perdurer, où les pires idées du FN sont votées à l’assemblée, où l’état use et abuse de toute sa force brutale pour faire régner la terreur, en cette période trouble où le haut est nommé bas et les ténèbres lumière, la violence n’est pas du côté de cette jeunesse effarée par les mensonges et par la mauvaise foi, jeunesse aimée que j’encourage.

Car si un pied t’écrase la gueule et que tu mords ce pied : non tu n’es pas violent-e. Tu es vivant-e.

« Toi là la nature sauvage, tu bronches pas : tout est sous contrôle »

Le pire dans l’histoire c’est que ce désastre est peut-être fondé sur un malentendu. Car le souffle sauvage qui anime le mouvement social est un élan d’amour, une pulsion de vie. Vivre pourtant dans ce monde fracassé. Vivre malgré la litanie récurrente des collapses à venir. Imaginer des suites aux mondes en multipliant les tentatives.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit n’est-ce pas ? S’il est enfin admis que nous avançons bon pied vers une rupture systémique, comment prétendre empêcher la force de vie qui pousse et poussera encore les humains à multiplier les expériences singulières avec l’idée que l’une de ces mutations soit adaptative pour l’espèce (ce qui déjà en soit est un acte d’amour) ? Comment prétendre dompter ainsi la nature même de l’inventivité, de la créativité loufoque et merveilleuse dont le vivant fait preuve à chaque changement ?

Alors s’il y a cette volonté de l’état de mater avec tant de brutalité les tentatives de bourgeonnement dits ’anarchiques’ dans l’écologie ou l’école, peut-être est-ce en vertu de l’application stricte et rigoureuse d’un modèle préconçu qui obéit à un processus contrôlé ? Un modèle techno-scientifique qui justifierait toutes les régressions sociales, toutes les privations de liberté pour s’imposer ?

Alors se joue dans le bocage l’absurde combat de la ’raison’ – et son lot de progrès, de lois, d’état – contre la Nature sauvage – anarchique et magique ?
En tous cas, dans la destruction par les gaz on peut reconnaître à la ’raison’ une volonté nette de désinfecter, désinsectiser, hygiéniser le site occupé par les crasseureuses, en rompant dans la foulée toute possibilité pour la faune, flore et fonge locale d’une repousse rapide, à grands coups de tractopelles et de chars

Ici le message de la ’raison’ est clair : « Toi là la nature sauvage, tu bronches pas : tout est sous contrôle »

pour un assemblage spontané de complicités singulières

jeudi 19 avril 2018

L’idée du collectif n’a plus rien à voir aujourd’hui avec l’idée d’un collectif qui n’accepterait ses membres qu’à la condition de les voir se dissoudre en son sein. C’est la notion stalinienne et sectaire du collectif pour lequel sont sensées s’auto-sacrifier chacune des singularités qui le composent.
Or cette notion est aujourd’hui obsolète quand celle d’un assemblage spontané de complicités singulières (+ ou – autonomes) s’installe peu à peu. C’est la tactique du bloc.
Car tenter de plier une multitude de visions variées pour les ranger toutes dans une même enveloppe est absurde, et brutal.

Cette capacité à articuler des composantes hétéroclites pour avancer, est depuis le début sur la zad de nddl un des mécanismes qui participent au bon fonctionnement de l’ensemble. C’est peut-être aussi une des conditions favorables à ce changement social radical qui se profile à l’horizon. Peut-être même est-ce l’envie d’expérimenter dans leur vie un avenir débarrassé de l’évaluation et de la hiérarchie, de la compétition et de l’exploitation, de la norme et de l’autorité que partagent les nombreux soutiens qui se sont exprimé-es pour défendre la zad sur place et puis partout ?
Peut-être alors que la référence à l’anarchie n’est pas si déplacée ? Tous ces soutiens seraient-illes donc anarchistes : c’est à dire mûr-es, prêt-es à vivre ensemble en partageant un ‘nouveau paradigme’ ?
C’est réjouissant !

Une des raisons récurrentes données comme élément de langage servant à justifier le déferlement de la violence d’état qui s’est abattue sur ces parcelles de terre est que ces gens là, voyez-vous, ne sont pas chez elleux. Or cette violence de l’état qui prétend imposer par la puissance son droit – tout en servant en valet des intérêts privés, provoque dans le public éberlué les effets escomptés : la sidération et la peur. Comment dit-on déjà d’une organisation ou d’un état qui prétend imposer ses idées en provoquant la terreur parmi la population ? Le mot m’échappe …

Bien sûr et heureusement, cette peur ne touche pas les valeureureuses militant-es qui se précipitent sur zone pour participer à l’effort de guerre contre l’ennemi commun – ou pour y chercher une légitimité. Chacun-e son rôle, chacun-e sa place. Mais Notre-Dame-des-Landes ne peut être l’arbre qui cache la forêt. Ce mouvement – l’âme de fond – dépasse le bocage et son avenir est décentralisé : de multiples foyers épars émergent de la confiance que prennent celles et ceux qui manifestent, là où se déroule leur vie.

Alors en admettant qu’être chez soi (ou qu’avoir l’accord d’un-e proprio) permettrait d’échapper à la violence d’état – ou du moins de la tenir à distance, et s’il y a tant d’individu-es prêt-es à faire ce pas de côté décisif et radical qui les éloigne des routes normées, il est tentant d’inviter celles et ceux qui possèdent une maison en trop ou un bout de terre en friche à partager …

Pour 1 Zone A Défendre sur terrain squatté

10 Zones A Défendre sur terrain privé

D’ici la rentrée de septembre multiplions sur des terrains privés-prêtés les expériences collectives hors-normes initiées sur les zad, sur la jungle de Calais, sur les campus occupés dans le but de densifier le tissage des échanges entre nos complicités singulières. Partout des bibliothèques et des non-marchés ; partout des potagers pirates et des boulangeries clandestines ; partout l’ACABane et la vie de palettes ; partout le respect du vivant ; partout l’amour rebelle et puis la révolution : pourquoi pas ?

Que ces lieux là servent de base arrière, de ressource logistique, d’étapes, de stockage, de repos, de joie, d’imaginaires à la suite du monde ;

Nous n’avons plus le temps d’attendre qu’une génération de colibris bio et bien-pensant-es, élevé-es au sésame bio-dynamique et plaçant ses richesses à la nef ne prennent en main notre émancipation – comme leurs ancêtres en 68 – en jalonnant l’avenir de projets éco-capitalistes voire anarcho-capitalistes pour illuminer le chemin qui y conduit.
Nous n’avons plus le temps.

#zadresist #zadpartout #zadpart2

 

Le monde est sauf !

L’élu a accédé au trône. Prompt à nous préserver de l’hideuse hyène fétide, bravant la bête sans notes, le jeune moine soldat de l’ordre de la Rotonde sort victorieux de l’épreuve initiatique qui le propulse chef de la 5ème armée du monde et l’autorise à en porter le costume.

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Debout devant la pyramide : symbole s’il en est de la hiérarchie de classes puis assis sur le trône républicain, le jeune homme incarne donc la victoire sur le mal et la renaissance, l’espoir en l’avenir et ses promesses sucrées. Quel avenir ? Quel projet ? Que peut donc signifier toute cette mise en scène ? Qu’est ce qui justifie un tel déploiement d’images symboliques ?

A peu près tout le monde a noté que jamais Macron n’évoque les atteintes faites par les activités humaines sur l’écosystème Terre. L’écocide n’est jamais abordé, ni de près ni de loin. Le projet qui nous mène depuis la révolution industrielle jusqu’à cet état lamentable de la planète et de ce qu’elle porte encore comme Vie aujourd’hui, n’est jamais remis en cause. Basé sur l’éternelle quoiqu’écornée croissance, poursuivant sans vergogne la taylorisation du réel et l’élevage d’une humanité docile et productive le projet qui sera mis en oeuvre par Macron et son gouvernement consiste bien à continuer de piller la planète pour assurer le plein emploi et une consommation renouvelée.

Et c’est ce progrès – hérité des Lumières et relayé dans les Loges – qui justifie que l’on convoque ces archétypes grossiers mais toujours efficaces, pour ponctuer le décorum du renouveau …

Bien sûr, tout cela n’est que du théâtre. Avec ses acteurs et son public. Un public initié, qui se croit avant-garde ou karmiquement compatible avec le spectacle d’effroi qui se joue. Car ce genre de progrès mené à coup de réformes concluent au 49.3 ou à coup d’ordonnances estivales ne peut se faire qu’avec l’assentiment de tout ou partie d’une population. Et c’est bien ce qui est en jeu.

Pour nous vendre un projet qui s’inscrit dans la continuité du progrès ébauché par les philosophes des Lumières toute une manoeuvre de communication s’est déployée de façon à ce que l’envie de l’acheter (ce projet) devienne irrépressible, incontournable, indispensable, devienne même cet acte grégaire qui fait société par delà les intentions, par delà même les convictions. En s’appliquant à placer l’extrême droite bien en vue, désirable et omniprésente mais toujours vénéneuse on a joué avec la tentation. Pourtant, au dernier moment la raison et l’intelligence l’ont emporté et c’est alors la société toute entière qui s’en trouve sauvée et le fameux progrès qui peut perdurer.

Ne pas oublier que Macron est un poulain d’Attali. Que son premier ministre est ancien lobbyiste chez Aréva.

Que dire de Nicolas Hulot ? J’avais évoqué son cas déjà avant les élections de 2012. Nicolas Hulot et la fondation nicolas hulot pour la nature et l’homme (quid de la femme ?) et les mécènes de la fondation nicolas hulot pour la nature et l’homme : ICI. Parmi lesquels on trouve entre autres joyeusetés EDF (le nucléaire) – l’Oréal (voir l’Idéal) – Véolia – Avril (décortiqué) –

Alors que fait-il là Nicolas ? Il va servir à séduire le public d’initié-es qui attend depuis quelques temps déjà que l’on s’intéresse à lui. Ce même public qui, par delà la droite et la gauche souhaite ce renouvellement et qui en plus, pense être bien placé pour mériter d’y participer enfin ! Parce qu’il-les ont étudié, ont passé des concours et prouvé leur valeur ; parcequ’il-les ne vivent que dans le bio depuis tout petit, et roulent à vélo et bossent dans l’économie sociale et solidaire participative et pratiquent le yoga quantique, et attendent leur revanche, leur tour, leur part du gâteau – sans gluten quand même faut respecter le microbiote !

Car progrès et renouvellement sous-entendent que d’autres aujourd’hui vont émerger pour prendre les choses en main, faire les réformes qui s’imposent et nous sauver des terribles affres qui nous divisent et nous crispent, nous empêchant de vivre dans la pensée positive et l’économie positive et le bonheur positif … Nicolas a toute une bande de chouettes potes qui savent ce que c’est que la confiance et le bonheur. Ils et elles vont venir vous expliquer. Ils et elles sont patient-es, attentif-ves, bienveillant-es. Vous comprendrez.

Déjà Hulot devenu ministre veut « donner du sens au progrès »

Car voyez vous ’’En fait nous menons la bataille de l’esprit. Nous essayons tout simplement de donner du sens au progrès, à notre intelligence’’ nous explique-t-il avec modestie. Il avait déjà commencé en juillet 2015 avant le sommet des consciences qui réunissait le 21 juillet 2015 à Paris, plus de quarante personnalités morales et religieuses du monde entier.

A écouter ces discours on lui ferait presque confiance … Mais comment comprendre la critique du consumérisme venant de la part d’un créateur de marques ? Qui fait financer ces idées anticapitalistes par TF1, la SNCF, la fondation Bettencourt et EDF ?

Evidemment que quelque chose cloche… Tout comme cette posture de gardien de la conscience planétaire.

En cherchant à m’informer sur cette clique qui débarque dans le paysage politique, je suis arrivé jusque chez les enragé-es. Je vous conseille la lecture de ces quelques articles :

Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout

Sea Shepherd ? Réactionnaire mon cher Watson

Françoise Nyssen : les anthroposophes entrent au Gouvernement

Anthroposophie : le New Age au pouvoir en France

Prévoyez tout de même un moment propice pour décompenser ensuite, car ces informations risquent de perturber quelque peu votre vision du monde…

C’est un mécanisme pervers qui corrompt des idées au point de leur ôter, de leur vampiriser tout sens. Car pour mettre fin au pillage organisé par les multinationales et les banques, pour cesser de polluer, pour stopper l’écocide, pour tenter de cheminer ensemble vers l’émancipation de chacun-e il s’agirait d’arrêter de travailler, d’arrêter de consommer, d’arrêter de produire.

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Un slogan comme STOP CONSOMMATION me semblait clair lorsque j’ai écrit la nouvelle du même nom il y a maintenant une vingtaine d’années. Un truc comme ça c’est impossible à récupérer par le système, me disais-je ! Le capitalisme ne pourra jamais faire de pognon en vantant l’arrêt de la consommation … – Et bien force est de constater que si ; après nous avoir pourri la notion de TEMPS : récupérer l’usage de son temps est une des clefs permettant d’ouvrir la cage dans laquelle nous maintient la société capitaliste, mais tout dépend de ce que l’on en fait, j’y reviendrai – voilà-ti pas que l’on nous sert le site i-boycott qui permet de participer à des campagnes de boycott, d’en lancer et même de comprendre le « boycott bienveillant » … !! On atteint là des sommets de connerie qui ne peuvent exister que parce qu’un public est assez idiot pour en faire l’ascension…

Et qui donc trouve-t-on en soutien de ce site ? La même clique : Rabhi, Sea Shepherd, Mr mondialisation, les colibris, la nef,

On trouve dans l’émergence de cette nouvelle élite éveillée et bienveillante, tout un discours symbolique, toute une architecture ésotérico-religieuse dans laquelle la Nef (l’espace commun où prient les adeptes) est une banque …

Or, le symbolisme est la base du travail maçonnique. Alors quels sont les liens qui peuvent exister entre une franc-maçonnerie très bien implantée de gauche à droite de l’échiquier politique depuis longtemps en France et ces nouveaux venus de l’anthroposophie ? Le renouvellement annoncé du paysage politique s’accompagne-t-il d’un rapprochement entre la franc-maçonnerie et l’anthroposophie ?

Il est étonnant de relever le terme employé par Daniel Schneidermann :  » Et si Hulot réussissait à convertir Macron ?  » – le terme convertir est ambigü, peut-être Hulot s’appuiera-t-il dans cette mission sur le livre d’Eckhart Tolle « Le Pouvoir du moment présent » puisque l’on apprend dans l’émission Du grain à moudre mardi 30 mai à 14éme minute que ce livre d’éveil spirituel est sur le bureau du ministre. A moins que Macron, qui a fréquenté le collège jésuite de la providence soit perçu comme celui qui parviendra à réconcilier ces « deux voies d’initiation [qui] conduisent dans deux directions opposées » (le jésuitisme et l’anthroposophie) ?

En toute honnêteté je ne sais pas et je m’en fous. Je ne suis ni complotiste ni conspirationniste. Ce qui me dérange c’est le mélange des genres. Pourquoi des individu-es qui prétendent faire de la politique, c’est à dire de mon point de vue sans doute naïf je vous l’accorde : se mettre au service de la communauté pour défendre et partager ce qui est essentiel de façon à ce que chacun-e puisse vivre décemment, sans être aliéné-e ni exploité-e, pourquoi ces individu-es là oeuvrent-ils dans l’ombre, conduisant l’humanité vers un but mystérieux sans l’en informer ? Pourquoi présentent-ils cela comme un ’progrès’ naturel et inévitable alors qu’il s’agit d’une construction ? Et en parallèle pourquoi vous laissez vous faire ?

Pourquoi le mensonge, la manipulation, la mauvaise-foi, le mépris sont-ils à ce point la norme ? Pourquoi même le soit disant insoumis Mélenchon (lui même franc-maçon) sous le coup d’une possible plainte maçonnique et vrai millionnaire a-t-il ruiné la recomposition d’une gauche crédible faisant ainsi le jeu de la classe dominante ?

Je m’interroge beaucoup. Sans toujours trouver de réponses …

Revenons pour terminer sur un des aspects de l’anthroposophie qui me fait bondir. L’anthroposophie a été créée par Steiner suite à sa rupture avec la société théosophique dont il fut membre pendant 15 ans. Cette société théosophique est  » un syncrétisme liant le bouddhisme, l’hindouisme et l’ésotérisme fondée à New York le 17 novembre 1875, par Helena Petrovna Blavatsky, ainsi que par le Colonel Henry Steel Olcott et William Quan Judge. Ses quartiers généraux furent établis en Inde à Adyar (Chennai).  » C’est sans doute à cette source indienne qu’ont été puisées puis intégrées à la doctrine les notions de réincarnation et de karma. Outre les délires pour savoir qui est la réincarnation de qui dans la secte qui ont conduit Blavatsky à carrément ’inventer’ Krishnamurti comme réincarnation du christ, cette idée du karma est bien pratique pour les classes dominantes.

D’ailleurs c’est bien cette croyance dans le karma qui permet, en Inde, au système des castes de se maintenir en place.

Et hop ! Voilà comment gommer d’un coup de baguette magique toute la lutte des classe et les combats contre les inégalités sociales.

Steiner reprend et intègre à son schisme la croyance dans la réincarnation et le karma. Il ajoute la nécessité d’assumer son karma négatif par ses propres efforts. Voilà qui est bien pratique pour justifier les inégalités sociales, pour justifier la reproduction sociale des élites et faire comprendre aux pauvres, aux démuni-es, aux inadapté-es que c’est de leur faute s’ils sont dans la misère et l’échec : cela tient à leur karma négatif. C’est aussi la porte ouverte à toute une économie du care : le soin, l’effort individuel que chacun-e doit faire pour nettoyer ses cellules, ses vies antérieures, ses mémoires … ou que sais-je pour se sentir mieux. Et des gourous de tous poils, voyant se créer sous leurs yeux un marché de plusieurs milliards de dollars jouent des coudes et de leur imagination pour inventer des pratiques bidons, pour faire ressurgir des savoirs oubliés, pour vendre des pierres bienfaisantes (extraites des mines par des gosses dans des conditions déplorables) ou des bouts de cuivre, ou des stop-ondes ou autres incroyables conneries que l’on trouve dans des publications comme biocontact par exemple. Au passage, on retrouve la société anthroposophique de france dans les liens utiles du site… Tout cela est d’une cohérence à toute épreuve, sans même que cela soit caché ni secret d’ailleurs.

Alors après m’être interrogé je vous interroge : êtes vous sûr-es de vouloir cautionner ce nouveau système bienveillant, écologique qui prétend mettre toujours l’humain d’abord ? Prenez le temps de décortiquer tout cela. Cherchez. Cherchez à comprendre dans quoi on vous embarque. Et pourquoi ….

le 7 mai : jour de relâche

Il y en a eu des occasions de s’élever contre le FN, contre l’extrême droite :

A Sivens en février 2015 lorsque FDSEA et militants frontistes se comportent comme des milices sous l’oeil complice des gendarmes – voir ici et . Vous étiez où ?

A Paris en octobre 2016 lorsque des policiers encouragés par le FN partent en manif sauvage vers l’Elysée, armés et cagoulés. Vous étiez où ?

Lorsqu’un ancien indic, figure de l’extrême droite lilloise est soupçonné d’avoir vendu les armes qui ont servi à Paris en janvier 2015 il n’est pas poursuivi, c’est lui qui porte plainte … Vous, vous dîtes quoi ?

En juillet 2016 en Allemagne, une fusillade fait 9 morts : acte terroriste islamique ? Non c’est un admirateur de Breivik qui fête l’anniversaire du fait d’arme de son idole. Pourquoi est-il qualifié de simple « forcené » ?

En janvier 2017 au Quebec lorsqu’on crie à l’attentat islamique … et que l’on découvre que c’est un militant d’extrême droite, admirateur de Marine LePen qui vient de tuer dans la grande mosquée, vous dîtes quoi ?

En mars 2017 à Grasse un jeune homme fasciné par la tuerie de Columbine se procure des armes chez ses parents et tire dans son lycée. Son père est un ancien cadre du FN, les armes sont accessibles … mais c’est juste « l’acte fou d’un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu »

Lorsque l’on apprend que c’est un ex candidat FN qui a négocié avec Daech en Syrie pour que le cimentier Lafarge continue ses activités, cela vous inspire quoi ?

n’oubliez pas : le terrorisme d’extrême droite existe.

Et des occasions de s’indigner contre le Front National il y en a des dizaines et des dizaines depuis des années. Pourtant, aucun gouvernement de droite ni de gauche n’a jamais interdit ce parti. Pourtant, entre 2002 et 2017, la « dédiabolisation » a fait son chemin.

Alors ?

Les gouvernements successifs depuis Mitterand s’accomodent du FN. Ils ne le combattent pas mais au contraire le laissent se normaliser pour créer la menace jusqu’au coup de théâtre final : cet effet de repoussoir que les tenant-es de la bonne conscience aujourd’hui appellent et réclament à grands cris comme des gamins capricieux : mi-séducteurs mi-culpabilisateurs ils crient au scandale si l’on ose, cette fois-ci, ne pas jouer à leur jeu.

Pire ! Quand de la rue émerge une force vive prête à s’opposer physiquement à l’idéologie que d’aucun-es condamnent depuis leur salon, quand face à la menace bien réelle d’une extrême droite décomplexée des individu-es manifestent et s’organisent pour se défendre on les qualifie de casseurs professionnels (!), d’ultra-gauche radicale (re !).

Mais quel peuple êtes vous ? Vous qui laissez vos enfants en première ligne d’un combat inégal ? L’extrême droite ne se combat pas dans les urnes. Même en démocratie. C’est dans votre façon d’être au monde que vous combattez le FN et son idéologie. Ou pas. C’est au quotidien et pas une fois tous les cinq ans.

Alors allez voter si vous voulez. Pour être sûr-e que rien ne change. Mais foutez nous la paix si ce jour là nous sommes quelques-uns-es à préférer un pique-nique à votre mascarade.

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bordeaux

Présidentielles 2017 : une abstention active et créative

Le 7 Mai, je fais ce qu’il me plait !