Sommes nous prêts ?

vendredi 27 novembre 2015

Il n’y a rien dans mon crâne d’autre, que la ferveur inattendue des mots qui s’émiettent comme des corps sur le bitume. La fosse commune planétaire déborde de toutes parts.

Cultiver l’étonnement et tracer dans la fine couche de cette poussière une figure amicale.

Sommes nous prêts ?

Qui revient déjà et s’irrite de cet état ? Qui plane en doute la sécurité sur écoute ? Qui devine le rideau de fumée qui masque le miroir dans lequel nous risquerions de nous voir tels que nous sommes, naïfs artisans complices d’une réalité barbue qui soudain claque comme une ceinture ?

Au coeur, il est peu rassurant de vous voir drapé-es de tricolore, singularités apeuré-es qui revêtez l’uniforme pour vous fondre en une armée de patriotes ambidextres, capables d’appuyer sur la gâchette de l’index droit comme de l’index gauche.

Les temps sont troublés par les hydrocarbures et la corruption, par le mensonge et la mauvaise foi, par le mépris et l’ignorance. Nous sommes comme fascinés par ce théâtre d’ombres et de sang, hypnothisé-es volontaires pour détourner le regard de nos travers, focalisé-es sur la menace immédiate qui suinte de nos écrans.

L’heure serait à l’érection de barrières : pour avoir peur à l’abri ?

Etes-vous prêt-es ? Vraiment ? A vous lancer dans la guerre ? Front bas et sabre au clair ? Délateur ou milicien : quel sera votre rôle dans ce nouveau décor ? Combien d’années perdrons-nous encore à ce jeu là : détourner l’attention par l’artifice surfait de la guerre, alors que nous sommes à la veille d’une Transition …

La peur du changement de paradigme, la peur d’un changement radical de notre conception du monde semble bien plus difficile à vivre que la peur de l’Autre. Surtout ne pas remettre en cause notre délire productiviste-consumériste. Surtout en rester au modèle impérialiste-capitaliste, seul projet humain global voué à s’améliorer encore à l’avenir jusqu’à recréer une humanité augmentée, dénaturée, pucée et clonée comme un cheptel docile, enfin domestiqué par une minorité d’initiés psychopathes et immortels qui auront alors réussi l’impensable : substituer au réel un réel sous contrôle, substituer à la nature une nature sous contrôle, substituer à l’humanité une humanité sous contrôle.

Est-ce ce projet absurde et criminel que nous souhaitons cautionner ? Est-ce pour le défendre que vous prétendez nous mener à la guerre ?

accompagner l’essor

accompagner l’essor

mercredi 30 septembre 2015

Redéfinir les contours d’une possible et imminente esquisse de ce que le réel nous apprend. Naviguer encore, encore, en corps pour feuilleter l’intelligence empirique, pour accompagner l’essor des fleurs qui éclosent en révélant leur désir obscur pour l’étrange, étranger vaquant prêt à y répondre.

Alors que la belle ange erre dans le fiel, recompose le puzzle improbable d’une histoire qui s’achève, singulière à deux versants comme toutes les histoires, comme toutes les réalités vastes qui naissent dans nos têtes ; qui saura ce qui se passe vraiment ? Avec quels éléments de vie vécue se construit le bruit qui court ?

L’espace n’est plus aussi figé. Le giron rassurant protège et console de la fuite vers l’étranger au clan qui réclame une relation et bouscule le cadre. Etre en relation ; établir un lien, c’est à la fois tentant et vital, effrayant et superflu lorsque le clan est là pour subvenir à tout. L’étrange suscite le désir, éveille l’envie, déplace les bornes et redessine l’espace. Jusqu’à quel point cela est-il tolérable ?

Les histoires se succèdent et se ressemblent, le cadre change, toujours aussi duel : rassurant et étouffant avec une balance en papier pour évaluer les pertes. Ce qui se trame à demi c’est aussi une histoire ancienne qui se renouvelle, à chaque fois qu’une femme laisse son désir déborder du cadre. Désir de sorcière, puissance trouble qui porte violence et abandon, désir impur voilé de honte et culpabilité par des siècles sur l’inconscient. C’est le diable peut-être qui éveille en elles ce désir, brûlons les et nous aurons la paix !

Ainsi claque la botte moralisatrice qui voudrait faire des amants les agents conscients de la mise en abîme ambiante. Mais la chambre fut retournée avant que je ne sois nommé, retournement du sens qui cherche à transformer la mauvaise foi en bonne conscience …

Peu m’importe à vrai dire. Le visage, et sur ce visage le sourire de la femme en émoi qui (re)découvre au creux de son ventre une force qui la bouleverse sont des cadeaux précieux, inestimables, irremplaçables qui valent bien des amitiés factices, bien des réussites matérielles, bien des rôles à tenir dans ce théâtre social duquel je m’éclipse un peu plus, sans regret.