En cas de guerre civile imminente : que faire ?

1 – Si on se sent courageux-ses.

D’abord on ne tombe pas dans le piège. A l’heure des milices syndicales, d’abord milices FNsea à Sivens

puis maintenant milices CGT-FO dans les manifs,

il semble que l’on tente par quelques basses manoeuvres de couper en deux la population comme les GM coupent en deux les manifestations. Ne pas tomber dans le piège c’est ne pas céder à la farce de Hobbes et sa lutte du tous contre tous donc concrètement, si on se sent courageux-ses on se bouge pour parler de tout cela dans l’espace commun : la place de village ou du quartier … et tient ! y a un truc en ce moment qui fédère cela c’est quoi déjà ? #NuitDebout – ah oui, c’est ça ! Dont acte. Partout où des courageux-ses sentent monter cette fièvre malsaine, paf ! Une nuit debout. Et on discute, et on démonte ensemble la propagande et on mange et on s’embrasse et on chante ou pas mais on se dit que bon quand même, tout est encore possible.

2 – Si on se sent moins courageux-ses.

D’abord on ne tombe pas dans le piège. On range dans une petite boîte ses peurs et ses doutes, on éteint la télé et on regarde le monde. Là, à la boulangerie ou sur les réseaux on apprend qu’une nuit debout est annoncée, ici-même à Chapeau-les-Bouilles : 124 habitants ! Incroyable ! Alors quoi ? Ben on prépare une tarte ou un gratin et pis on y va, comme ça, sans trop savoir mais pourquoi pas.

étirer le tissu tendre, ne pas se soustraire à la faillite annoncée

Négliger l’espace et le temps pour se fondre en une larme de deuil – au seuil du vent qui longe l’esprit – et croire du haut de la falaise à la douceur d’un sein. Ne plus se taire au fil des heures qui coulent et passent en termes aménagés, investir sa vie pour ne pas sombrer, réunir la sève et le fruit, fermer la porte à la chance et ouvrir une brèche sur la magie d’un monde qui meure.

Sur terre, sans la joie nulle beauté, sans tactique nulle victoire.

Et si soudain, sidéré par la violence, plein-e d’effroi et d’affection nous ressentions en creux le sentiment d’être vivant ? Toute naissance est une violence qui brûle les poumons traversés par un cri. Plus tard, si un pied t’écrase la gueule et que de cette gueule tu sors les crocs pour mordre ce pied qui t’écrase la gueule, c’est que tu es vivant-e et cherches juste à le rester.

A l’avant, on peut courir comme des sauvages, prendre la route comme on prend le maquis, se fondre de place en place et partout y trouver des ami-es, sans oublier d’expliquer – appliqué-es et simples – que le système peut être bloqué en cessant de l’alimenter, pour qu’à l’arrière on soutienne celles et ceux qui, courageux-ses, vont au contact et rétablissent un rapport de force vive.

Bloquons tout ? GREVE GENERALE & STOP CONSOMMATION – Assécher la bête et prendre le temps de libérer le temps. Cesser de payer l’énergie et l’eau, les traites et les loyers, l’impôt, la dîme et la gabelle. Le palais repose sur des fondations ancrées au plus profond de notre soumission. La violence brise les fenêtres et arrache les lustres, pour saper les fondements de la morale capitaliste encore faudra-t-il remettre en question notre propre asservissement, provoquer le jubilé et s’assembler pour ne plus rien verser, ni larme, ni sang, ni temps, ni argent à ce monstre froid qui croit nous posséder.